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Lapinous des Caraïbes : Grenade

Lapinous des Caraïbes : Grenade

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Pour les lecteurs qui nous découvrent ou plus généralement ceux qui ne sont pas au courant, nous habitons désormais en Martinique depuis quelques mois et sans limite de durée, avec notre p'tite Chloé...
Notre nouveau terrain de jeux de proximité est donc la Caraïbe, autrement dit un large éventail d'opportunités pour les amoureux d'îles tropicales que nous sommes !

Outre la Martinique que l'on connaissait déjà pas mal avant de s'y installer pour de bon, la Guadeloupe, Sainte-Lucie et la Dominique figuraient déjà dans nos carnets de route...
Cette dernière restant un coup de coeur absolu et ayant eu quelques échos de Grenade comme étant un coin où l'on pourrait retrouver le côté nature, la relative absence de tourisme et l'ambiance roots, les premiers jours de congés martiniquais ont été mis à profit pour un court séjour sur l'île.



Alors contrairement à ce qu'on pourrait croire, c'est loin d'être évident d'aller d'une île des Antilles à une autre lorsqu'elle ne sont pas voisines immédiates !
La compagnie LIAT a le quasi monopole des liaisons aériennes dans la Caraïbe, et les îles françaises n'ont pas ses faveurs (peut-être en raison des taxes d'aéroport exhorbitantes...) et sont mal desservies, du coup il faut jongler avec les connexions. Pour les Antilles du sud le point de passage obligé c'est la Barbade (et pour le nord c'est Antigua).
Dans notre cas, le vol Martinique - Barbade fait en plus un stop à Sainte-Lucie...

Grenade

Autrement dit, rejoindre Grenade depuis la Martinique (distantes de seulement 300 km à vol d'oiseau) prend déjà un peu de temps habituellement. Mais quand en plus on connait la ponctualité légendaire de la LIAT et que par-dessus le marché on se retrouve bloqués pendant plus de 6 heures dans l'aéroport de la Barbade parce qu'un petit avion s'est planté à côté de la piste...

Bref en partie par malchance nous n'avons atterrit à Grenade qu'en toute fin de soirée, raccourcissant du même coup d'une demie-journée notre séjour sur place qui n'était déjà pas bien long (5 jours prévus).

Mais première récompense le lendemain matin...

Grenade

Tout comme les billets d'avion (achetés 48h à l'avance sur un gros coup de pot de dispo de dernière minute car les vols étaient complets depuis pas mal de temps...) notre point de chute a été reservé en catastrophe, notamment pour s'assurer d'un pick up par nos hôtes à l'aéroport de Grenade, toujours plus simple que de débarquer à l'arrache et de devoir rejoindre tout seul son hébergement sur l'île !
Et alors que l'on va arriver dans la période la plus active de la saison cyclonique, il était sage aussi de s'assurer un minimum de la météo donc de réserver au dernier moment, et qu'aucune tempête tropicale ne pointait son nez sur l'Atlantique pour les jours à venir.

Très bonne surprise avec cet hébergement (une immense maison à trois niveaux indépendants sur les hauteurs, celui du dessus étant occupé par les proprios particulièrement gentils, les deux autres étant dédiés à la location) choisi un peu au hasard dans le critère "pouvoir faire sa popote, et avec deux chambres séparées" : coin très tranquille, bien ventilé, p'tite piscine pour nous tout seuls vu que l'autre logement est vide...

Grenade

C'est à Westerhall sur la côte sud, à une vingtaine de minutes de la capitale Saint-Georges et de la plage phare de l'île : Grand Anse.
Accessoirement on loge à deux pas d'une des plus grandes distilleries de Grenade, mais on jure qu'on ne le savait pas avant...

Voila en gros où l'on a vadrouillé durant ce séjour :

Grenade

Géographiquement, Grenade (le pays) regroupe trois îles habitées : Grenade elle-même, et les deux îles les plus au sud des Grenadines : Carriacou et Petit Martinique. Les autres Grenadines (Bequia, Canouan, Union...) sont rattachées à l'île de Saint-Vincent qui se trouve plus au nord.

L'île de Grenade est petite, voire très petite : moitié moins grande que la Dominique, et à peine un quart de la taille de la Martinique.
Si l'on excepte Trinité et Tobago qui se trouvent le long des côtes du Vénézuela, Grenade est l'île la plus au sud de l'arc antillais. L'Amérique du Sud n'est distante que de 150 kilomètres.

Comme en Dominique, à Sainte-Lucie ou à Saint-Vincent, on parle anglais, on roule à gauche, et on paye en EC, le dollar caribéen.
Mais il faut noter que l'île a un important passé colonial lié à la France et beaucoup de noms de lieux ont gardé une consonnance francisée.
Et comme en Dominique un véhicule tout-terrain n'est pas superflu pour se balader sur l'île, en particulier dans la moitié nord de l'île qui est la plus sauvage...

Grenade

Côté bons coins, accès aux plages, points d'intérêt... le moins que l'on puisse dire c'est que sur internet la pêche aux infos sur Grenade n'est pas très fructueuse. Et même quasi stérile si on se limite aux sites francophones. Les seuls blogs (notre source impartiale habituelle !) que l'on trouve sont pour la plupart ceux de vagabonds des mers qui naviguent sur leurs voiliers à travers les Caraïbes et ne relachent que furtivement dans les ports.

Et le Lonely Planet n'aborde Grenade que sur une grosse dizaine de pages dans le pavé (dispo uniquement en anglais) qui compile toute la Caraïbe. Heureusement un excellent ouvrage existe, et trainait dans notre loc : le Grenada Travel Guide écrit par Paul Crask. Tout en anglais comme il se doit mais super complet, avec ce bouquin dans le sac à dos on était parés.

La plage phare de Grenade c'est Grand Anse, juste au sud de Saint-Georges (la capitale, qui compte... moins de 10000 habitants) : 4 km de sable blanc et d'eau turquoise que l'on craignait un peu bétonnés en raison du nombre d'hôtels qui bordent la plage. Mais comme finalement ils sont de taille très modeste, cachés dans des jardins tropicaux et assez espacés, le moins que l'on puisse dire c'est que ça ne saute vraiment pas aux yeux.

Grenade

Grand Anse est aussi la plage favorite des Grenadiens...

Grenade

Et un spot de choix pour les couchers de soleil sur la mer des Caraïbes !

Grenade

A proximité on trouve d'autres plages plus ou moins faciles d'accès, et donc souvent quasi désertes.
Morne Rouge Bay (en suivant la petite route qui passe la colline au sud de Grand Anse), une petite merveille :

Grenade

Grenade

Magazine Beach (l'accès se fait juste après l'aéroport), presque à la pointe sud-ouest de l'île donc déjà moins abritée.
La plage est très pentue et nous a semblé un peu craignos pour Chloé et son bateau gonflable fétiche, on ne s'y est pas baigné et on ne sait donc pas ce que ça vaut sous la surface mais c'est un spot de masque et tuba a priori réputé...

Grenade

La côte sud de Grenade est une succession de presqu'îles et de baies très découpées. Il y a de belles balades à y faire (hormis certains coins privatisés par des villas de luxe) entre collines et mangroves, mais on manquait de temps pour découvrir cette zone qui était pourtant à proximité immédiate de notre hébergement à Westerhall.

On a tout de même été voir à quoi ressemblait La Sagesse Bay, très sauvage et bien dans le style robinson. Un joli petit hôtel est caché là sous les cocotiers, par contre la plage ne nous a pas paru idéale pour la baignade... C'est sûr aussi qu'un rayon de soleil aurait donné de toutes autres couleurs à la baie !

Grenade

Une journée a été consacrée au parc national de l'intérieur de l'île : Grand Etang. Il y a un parc national et une réserve naturelle contigus, on n'a pas bien compris la différence entre les deux à vrai dire...
Comme le nom du parc l'indique, le point central est le lac qui occupe un ancien cratère.

Grenade

Point de vue sur la côte Caraïbe : on aperçoit la baie de Grand Anse et les bateaux à l'ancre dans la rade de Saint-Georges...

Grenade

Côté randos, il y a des possibilités, théoriquement un petit éventail de quelques dizaines de minutes aux bonnes grosses grimpettes de plusieurs heures (Mount Qua Qua, Seven Sisters waterfalls). Mais après avoir constaté que les sentiers étaient mal entretenus ou laissés à l'abandon, et Chloé sur le dos, on a jugé plus sage de ne pas trop jouer aux aventuriers.

On s'est donc limités à quelques petites boucles dans la forêt tropicale dans les environs du Visitor Center, à l'affut des bruits suspects dans les arbres car le parc abrite quelques bandes de mona monkeys, un petit singe rigolo venu d'Afrique avec les pirates ou les esclavagistes il y a quelques siècles et qui s'est bien acclimaté dans la jungle grenadienne...

Grenade

Finalement pas le moindre mona monkey à l'horizon dans le parc national... et le seul que l'on verra c'est un pauvre animal captif, tenu en laisse par un Grenadien qui proposait de se faire prendre en photo avec aux Annandale Waterfalls (pas très loin de Grand Etang, en redescendant vers la côte Caraïbe).

Grenade

Un coin qui pourrait rappeler la magnifique Emerald Pool en Dominique...

Sauf qu'en l'espace de 50 pas à Annandale on s'est fait : engueuler parce qu'on se garait mal, aborder par le type avec son petit singe puis par une "porteuse de fruits sur la tête" pour être pris en photo avec eux, franchement casser les pieds et les oreilles par un gars avec une guitare qui nous collait et nous a pas laché de toute la descente jusqu'à la cascade tant qu'il avait pas eu sa pièce, et enfin accrocher par un "Grenadian jumper" insistant qui proposait de sauter de la cascade et qu'on le prenne en photo moyennant billet.
C'est vraiment curieux c'est le seul endroit à Grenade où l'on s'est fait relouter comme ça. Bref, Annandale Waterfalls c'était pas forcément un point de passage obligé...


Outre l'intérieur de l'île, on a aussi dédié une journée complète à la découverte du nord, décrit dans les bouquins comme très tranquille et sauvage.
La route qui longe la côte Atlantique est vraiment sympa, entre petits villages de pêcheurs et longues plages désertes...

Grenade

Le moins que l'on puisse dire c'est que l'on ne croise pas grand monde. Les routes sont étroites et zigzaguent au milieu de la végétation...
Quand aux panneaux signalétiques... ils sont inexistants : malgré notre carte, on ne compte plus le nombre d'hésitations et demi-tours.

Grenade

Au fur et à mesure que l'on se rapproche du nord de Grenade, des petites îles commencent d'apparaître sur l'horizon : les fameuses Grenadines, qui s'étalent jusqu'à Saint-Vincent.

Grenade

Étape obligée au nord de la côte Atlantique : Bathway Beach.
Une plage magnifique mais exposée à la houle... sauf qu'un récif de corail idéalement placé forme un mini lagon d'une dizaine de mètres de large, à l'eau translucide.

Grenade

Ici non plus pas grand monde... il y a quelques tables aménagées pour pique-niquer sous les amandiers en retrait de la plage, et un petit resto réputé localement : le Aggie's. Mais pour nous c'était un peu tôt !
On retiendra juste Bathway Beach comme un coin parfait pour la baignade !

Grenade

Toute la plage vue depuis les falaises au nord...

Grenade

La route bitumée ne va pas plus loin, c'est un cul-de-sac. Mais il est possible de continuer sur une piste plate et relativement praticable pour s'enfoncer dans l'autre parc national de Grenade (avec Grand Etang) : Levera.

Ce coin très isolé à l'extrémité nord-est de l'île est protégé pour de bonnes raisons : c'est un lieu de ponte majeur pour les tortues luths, la plus grande des espèces de tortue et très ménacée. La période de ponte étant principalement en mai et juin, c'était pas le bon créneau pour un tour nocturne encadré avec un guide du coin (peut-être pour l'éclosion des oeufs, mais on ne s'est pas trop renseignés).
Le paysage n'en est pas moins somptueux, avec l'île de Levera juste en face...

Grenade

Il y a aussi un accès à la plage de Levera par l'autre côté du parc national, depuis le village de Sauteurs tout au nord de l'île, en suivant une petite route, puis un chemin de terre, puis une piste complétement défoncée et ravinée dans les galets. On l'a tenté avec notre petit 4x4, mais franchement c'était téméraire et la grosse galère est passée près.

La remontée nous a effectivement donné des sueurs froides, même avec de l'élan impossible de regrimper la pente lors des deux premiers essais, les pierres roulant sous les roues (et giclant dans tous les sens sous le chassis). Notre 4x4 n'est qu'un modeste SUV (Toyota Rav4) bien loin du Land Cruiser qu'on avait en Australie et avec lequel on pouvait faire les malins...
Dans un coin aussi paumé, avec les portables qui ne passent pas, plus de 30°C à l'ombre et un bébé d'un an à l'arrière, on gamberge vite... mais heureusement après une demi-heure d'effort passée à préparer le raidillon en bouchant les trous et en plaçant stratégiquement des pierres, en faisant hurler le moteur on est arrivés en haut à la troisième tentative (et quelques millimètres de gomme en moins sur les pneus). Mais vous êtes prévenus : descendez à pied !

En bas, la récompense...

Grenade

Pique-nique tous les trois dans un cadre exceptionnel, avec pour seules âmes à l'horizon un troupeau de chèvres.
La plage en panoramique, avec les premiers îlots des Grenadines juste en face et le Sugar Loaf (pain de sucre) formé par l'île de Levera à droite :

Grenade

Carte postale !

Grenade

Après l'épisode marquant de la remontée, on débarque dégoulinants de sueur et couverts de poussière à Sauteurs, au bord d'une grande baie...

Grenade

Puis on se lance, sur une route marquée comme principale sur notre carte mais étant invraisemblablement étroite et combinant nids-de-poule, absence totale d'indications et parfois de bitume, vers la côte Caraïbe pour redescendre vers le sud et boucler ainsi notre tour de l'île.
Succession de baies qui font un peu penser au Nord Caraïbe de la Martinique...

Grenade

Retour sur la plage de Grand Anse pour un coucher de soleil en partageant quelques verres, notre activité rituelle de fin de journée...
Il y a plusieurs petits bars dans le Craft & Spice Market au bord de la plage qui proposent une panoplie de cocktails à siroter sur le sable pour quelques dollars caribéens, dont la nutmeg piña colada à l'accent local (nutmeg pour noix de muscade, omniprésente à Grenade).

Grenade

Couleurs réelles !

Grenade

On achève là cette escapade à Grenade, un gros coup de coeur pour cette petite île à l'esprit assez proche de la Dominique.
Un futur projet serait d'y revenir comme point de départ ou d'arrivée d'une vadrouille de quelques semaines jusqu'à ou depuis l'île de Saint-Vincent, en faisant des sauts de puce à travers les Grenadines. La plupart des îles sont relativement bien connectées par des ferries, et on trouve des possibilités d'hébergement sur chacune.

On a également eu quelques échos qui semblaient indiquer que la compagnie Bedy, un projet de liaisons maritimes entre toutes les îles de la Caraïbe qui végète depuis des années, pourrait enfin voir le jour prochainement. Ça nous permettrait d'avoir une alternative aux vols de la LIAT, très chers à cause du monopole qu'a la compagnie, et catastrophiquement gérés (après les aléas de l'aller, bagage perdu au retour... et les comptoirs de cette compagnie sont invariablement un sketch, avec que des gens qui râlent).

À la prochaine donc !

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